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L'Album blanc des Beatles, à la couverture mythique, sort le 22 novembre 1968, comme pour symboliser la fin prochaine du groupe. Lors de sa création, l'ambiance dans le studio 2 d'Abbey Road était devenue, paraît-il, irrespirable.
L'Album Blanc, appelé en réalité The Beatles, est un double album (ce qui lui a également valu le surnom de « Double Blanc ») comprenant donc deux disques, une pochette ouvrante entièrement blanche — sobriété marquant un contraste frappant avec leur album précédent — dont chacune est numérotée. Aussi spartiate est le titre qui est simplement The Beatles embouti en relief. La pochette contient un poster, les textes et les portraits des quatre artistes. Une légende affirme que la couverture de cet album est blanche car John Lennon voulait qu'il y soit placé une photo assez osée de lui et sa femme Yoko Ono ; pour lui c'était « soit cette photo, soit rien » et ce fut « rien ». La réalité est que Paul McCartney et Richard Hamilton ont imaginé la pochette de l'album. Ils pensaient faire un collage avec des photos des Beatles, d'enfance et d'autres ayant plus ou moins rapport entre elles sur un fond blanc.
Comme le précédent, cet album sortit sous leur propre label Apple Records.
Cet album regroupe trente titres dont quatre compositions de George Harrison y compris le célèbre While My Guitar Gently Weeps avec un solo d'Eric Clapton. L'album se compose de recherches éparses, un mélange de titres que chacun avait composés entre février et avril 1968 lors d'un stage de méditation transcendantale à Rishikesh au nord de l'Inde, dans l'ashram du Maharishi Mahesh Yogi et arrangés dans son coin aux studios d'Abbey Road.
C'est l'album du début de la fin, où commencent à se manifester les dissentiments entre les membres. La présence de Yoko Ono dans le studio aux côtés de John Lennon, indispose fortement ses camarades. Une production avec des orchestres, des guitares acoustiques pour la moitié des morceaux et des mixages élaborés, mais plus guère d'unité hormis quelques brèves références mutuelles des chansons entre elles. Même l'humour (Back in the U.S.S.R. en référence au Back in the USA de Chuck Berry, et plaçant l'expression « Georgia... is on my mind ») ne semble plus percuter. Cet album est presque aux antipodes du précédent. Le travail expérimental Revolution 9 de John et Yoko, inspiré des travaux d'Edgar Varèse, que George Martin supplie John de retirer de l'album (sans aucune chance, puisque c'est un double) achèvera de déconcerter le public, qui avait pourtant bien accueilli naguère Tomorrow Never Knows.
L'album est double, donc, et chacun de ses membres compositeurs y place et y chante tout ce qu'il veut. Mais souvent sans plus guère s'occuper des autres qu'il n'utilise alors que comme simples musiciens de studio. Il y a cependant quelques exceptions notables, comme lors des enregistrements des titres Yer Blues ou Helter Skelter, ou le groupe retrouve toute sa cohésion et se déchaîne... À l'écart de toutes ces tensions, Ringo Starr joue de son mieux, lui qui seul de tous ne semble guère désireux de tirer la couverture à lui. Lassé par ces tensions, il claque même la porte et part en vacances en Sardaigne en plein coeur des sessions. Les Beatles continuent à enregistrer et Paul McCartney tient la batterie sur les titres Back in the U.S.S.R. et Dear Prudence. Ringo finit par revenir pour découvrir sa batterie couverte de fleurs dans le studio 2 d'Abbey Road. Ce sera d'ailleurs le seul qui restera en bons termes avec tous les autres lors de la séparation, et les réunira d'ailleurs tous aussi — mais séparément — dans un de ses futurs albums, Ringo.
La série Anthology qui sortira longtemps après montrera que la chanson Not Guilty, de George Harrison, et qui fut plus tard un de ses succès, avait été enregistrée lors de cette session, mais n'avait pas été en fin de compte placée sur le disque.
« Est-ce la fin des Beatles ? » s'interroge en France le magazine Rock & Folk au moment de la sortie du disque qui connait bien sûr, comme tous les albums des Beatles, un retentissant succès commercial à travers le monde.
Back in the U.S.S.R. – 2:43
Chant : Paul McCartney
Dear Prudence – 3:54
Chant : John Lennon
Glass Onion – 2:18
Chant : John Lennon
Ob-La-Di, Ob-La-Da – 3:09
Chant : Paul McCartney
Wild Honey Pie – 0:53
Chant : Paul McCartney
The Continuing Story of Bungalow Bill – 3:14
Chant : John Lennon
While My Guitar Gently Weeps (George Harrison) – 4:45
Chant : George Harrison
Happiness is a Warm Gun – 2:43
Chant : John Lennon
Martha My Dear – 2:28
Chant : Paul McCartney
I'm So Tired – 2:03
Chant : John Lennon
Blackbird – 2:18
Chant : Paul McCartney
Piggies (George Harrison) –
Chant : George Harrison
Rocky Raccoon – 3:41
Chant : Paul McCartney
Don't Pass Me By (Ringo Starr) – 3:50
Chant : Ringo Starr
Why Don't We Do It in the Road? – 1:42
Chant : Paul McCartney
I Will – 1:46
Chant : Paul McCartney
Julia – 2:54
Chant : John Lennon
Birthday – 2:43
Chant : Paul McCartney et John Lennon
Yer Blues – 4:01
Chant : John Lennon
Mother Nature's Son – 2:48
Chant : Paul McCartney
Everybody's Got Something to Hide Except Me and My Monkey – 2:25
Chant : John Lennon
Sexy Sadie – 3:15
Chant : John Lennon
Helter Skelter – 4:30
Chant : Paul McCartney
Long, Long, Long (George Harrison) – 3:04
Chant : George Harrison
Revolution 1 – 4:16
Chant : John Lennon
Honey Pie – 2:41
Chant : Paul McCartney
Savoy Truffle (George Harrison) – 2:55
Chant : George Harrison
Cry Baby Cry – 3:02
Chant : John Lennon
Revolution 9 – 8:21
« Collage musical » instrumental crée par John Lennon et Yoko Ono
Good Night – 3:11
Chant : Ringo Starr